mardi 29 août 2017

Mante religieuse

Voilà 15 ans que je n'avais pas vu de mante religieuse dans l'herbe. C'était dans l'Aveyron, et cette rencontre m'avait interloqué.

Et hier en Bourgogne, j'ai vu 2 mantes religieuses dans la même journée.


Révélateur, mais révélateur de quoi ?

D'un plus grande biodiversité dans nos campagnes ? J'aime à le croire.






samedi 26 août 2017

Le manuscrit de Sainte Eulalie

La bibliothèque municipale de la ville de Valenciennes conserve un manuscrit extraordinaire : Le manuscrit carolingien n°150.

Quelqu'un, un moine*, a griffonné en page 141**, page qui avait été laissée initialement blanche, un poème chanté que l'on appelle la Cantilène de sainte Eulalie, en lien avec l'histoire d'Eulalie écrite en latin dans les pages qui précèdent.

Ce poème était destiné à être psalmodié, c'est à dire chanté sur un rythme grégorien. La musique non notée, en est oubliée aujourd'hui.


Ce graffiti, l'air de rien, représente le plus ancien texte littéraire en "langue romane" (le proto-français) que l'on a conservé.
Il remonte aux années 880 environ.

Et ce texte, malgré son incroyable ancienneté (1300 ans ...) en est curieusement extrêmement lisible :

Buona pulcella fut eulalia

Il faut aller le feuilleter sur le site de la bibliothèque de Valenciennes.






Notes :
* Non identifié, mais appelé "la main C", par référence à une main A et une main B, qui ont écrit le reste du texte.
** Verso du folio (feuille) 141 (sur 150) selon la numérotation portée sur le document. Mais page 282 en fait. Un folio présente 2 pages, une gauche et une droite. 




vendredi 25 août 2017

Des iles et des gouffres

Je revenais vers la rive gauche, mon velib s'était arrêté au passage clouté du petit bras, devant la place Saint Michel.

Du coin de l'œil, je vis ce petit garçon s'avancer sur le passage piétons.

Il était très jeune, 4 ou 5 ans, et il faisait des bonds disproportionnés, ce qui énervait sa mère, qui le tenait par la main.

Et je compris instantanément qu'il était comme moi, de ces enfants qui savent que les bandes blanches de caoutchouc sont des iles refuges, et qu'un gouffre insondable et menaçant s'ouvre dans le bitume, dès le bord de la bande blanche.




Arrivé au bord de celle-ci, il prenait son élan, en appui sur la main de sa mère, et bondissait à chaque fois d'une distance que ses 3 pieds de haut ne lui auraient pas permise.

Cela lui donnait cette allure maladroite, comme suspendu un instant au dessus du vide, avant de toucher terre à nouveau, dans la sécurité d'une île.

A l'abri temporaire dans le refuge au milieu de la chaussée (tout de peinture blanche), nos regards se sont croisés, et j'ai souri.

Il a alors su que je savais.

Aujourd'hui que j'ai grandi, il est plus facile pour moi de sautiller discrètement de bande blanche en bande blanche, sans empiéter absolument.


J'évite ainsi facilement de tomber dans le gouffre que je sais là, béant sous nos pieds.


Paris libéré


lundi 14 août 2017

Blockchain et destruction de valeur

L'informatique est une technologie destructrice de valeur.

La mise en oeuvre à venir du Blockchain dans le monde financier en est la démonstration la plus récente.

On s'inquiète beaucoup dans les banques françaises, et spécifiquement dans les banques commerciales (dans les autres pays du monde également, j'imagine) de la mise en oeuvre du Blockchain, et de ses conséquences notamment sur le niveau d'emploi dans le secteur.

Le principe originel de fonctionnement d'une banque commerciale a toujours consisté à tenir un livre de compte, qui fait foi pour me dire le solde de mon propre argent : La banque enregistre les mouvements sur mon compte, calcule le solde afférent résultant de ces opérations, et tient l'information à ma disposition, de manière à la fois fiable et sécurisée (restreinte à moi exclusivement).

Accessoirement, la banque se sert elle-même dans ce compte pour sa rémunération. Elle est justifiée en cela à ses propres yeux, par le développement nécessaire continu de ses propres structures, qu'elle développe d'année en année, en arguant de toujours plus de sécurité nécessaire à mon bénéfice.
Pourquoi se faire mal ?

L'informatique, depuis les années 60, a transformé le livre de compte originel papier ("Book" ou "Ledger") en un ensemble d'enregistrements de base de données, mais sans remettre en cause ce principe de propriété exclusive de la banque sur l'information de mon compte.

Je me souviens avoir visité la banque Coutts à Londres au début des années 90 (c'était à l'époque la banque de sa Majesté), dans la quelle des opérateurs reportaient consciencieusement au stylo les opérations des clients sur de grands registres papier.
Concession à la modernité, la banque Coutts avait abandonné à l'époque déjà les plumes d'oie.

Il est clair que la mise en oeuvre des bases de données informatiques a déjà entrainé par le passé une destruction massive de valeur : Un compte ne m'est plus facturé aujourd'hui au prix que coutait un compte Coutts à l'époque des "books" papiers.
Mais cette destruction de valeur a été masquée, et largement compensée de toutes façons, par la diffusion massive de comptes bancaires a l'ensemble de la population. Ce qui a permis à la société française de passer :

  • d'une banque privée Coutts aux coûts exorbitants,
  • à une "Société Générale" ou à une "Banque Populaire", au coûts toujours trop élevés évidemment, mais néanmoins raisonnables.


Dans ce contexte, le Blockchain va une étape plus loin, et remet en cause le principe même de ces "Banques populaires". L'information est toujours sécurisée, mais :
  • non plus en étant stockée dans une base de données sur des moyens techniques propriété exclusive de la banque,
  • mais au contraire sécurisée par diffusion généralisée de l'information à tous les membres du réseau Blockchain. C'est cette diffusion généralisée qui permet la non-répudiation d'un débit ou d'un crédit, c'est à dire le fait de ne pouvoir nier ni l'existence ni l'exactitude de cette opération. Et donc la validation ipso-facto du solde du compte. 
Seule la dimension "confidentialité" (le fait que je ne souhaite pas, légitimement, que tout le monde connaisse le solde de mon compte) est laissée en responsabilité à la banque, qui gère cette question de manière applicative, en dehors du Blockchain stricto-sensu.

On pourrait évidemment estimer, après tout, que les banques adopteront cette nouvelle technologie du Blockchain comme elles ont adopté par le passé les bases de données. Quitte à me faire payer en tant qu'usager les coûts afférents à cette transformation fondamentale du système bancaire.

Mais ca ne va pas se passer comme ca ...

Le risque était patent déjà, que ce changement de génération technologique, par l'efficacité augmentée de fonctionnement qu'il permet, supprime des emplois dans le réseau des agences bancaires, et les syndicats ne s'y sont pas trompés.

Mais en fait le risque est encore beaucoup plus important qu'identifié initialement : Microsoft a annoncé hier que la connexion au Blockchain se résumerait à une simple API, qui plus est en Open Source, (ridiculement) baptisé "Coco framework". 

Regardez cette vidéo de présentation (sous-titrée), elle n'est pas plus technique que nécessaire :


L'intégration au Blockchain pour une banque commerciale va se réduire à un bricolage d'intégration d'API Coco. Un projet de quelques mois.hommes ...

Les banques commerciales sont mortes, elles ne le savent juste pas encore.

samedi 12 août 2017

Syndrôme du Panda

Cette photo publiée dans l'actualité et ma récente visite sur facebook d'une très ancienne connaissance, en première page ici, rencontrée lorsqu'il était étudiant en sciences économiques à Orléans, devenue patron de start-up à l'international, m'inspire à quel point on peut commencer tout petit et devenir très gros...


mercredi 9 août 2017

Borealopelta

Au moment où l'on décapite des vélociraptors dans un musée australien, un magnifique exemple de communication de la paléontologie du XXIe siècle : reconstitution interactive.

vendredi 4 août 2017

L'essence d'une nation

Ernest Renan a dit, il y a longtemps : 
L'essence d'une nation est que tous les individus aient un ensemble de souvenirs en commun, et que tous aient oublié bien des choses.


jeudi 3 août 2017

IA


Bill Gates, Elon Musk et Steve Hawking ont raison: L’Intelligence Artificielle représente un risque mortel pour la race humaine. C’est un fait (Même si ma propre conviction n’ajoute pas grand-chose à la leur).

J’identifie 2 dangers. Je dis intentionnellement « danger » et non « risque », un danger ayant le caractère quantifiable et mesurable d’un risque qui se matérialise :

1- Un danger certain à court-moyen terme : Le danger « aux limites ».
Ce premier danger sera gérable, mais par les solutions qui lui seront apportées, accélèrera le mouvement de la société vers le deuxième danger.

2- Un danger, à long terme + 1 milliseconde : L’auto-apprentissage.
Ce deuxième danger effacera la race humaine de la terre.

Mais commençons par définir l’IA, Intelligence artificielle.

AI : Définition



Sur instruction de l’Eternel, l’homme est sur la terre pour la gérer et pour l’organiser.
2 références bibliques définissent le rôle que l’homme doit jouer :
- Genèse 2 : 15 : L’Eternel établit l’homme dans le jardin d’Eden pour qu’il le travaille et le protège.
- Genèse 2 : 20 : L’Eternel amena les animaux devant l’homme pour qu’il les nomme (« nommer » à entendre au sens de « organiser, gérer »)

Depuis la nuit des temps, l’homme était responsable de ses décisions.
Et s’il blâmait souvent quelqu’un d’autre que lui pour ses manquements, ses fautes ou ses échecs, c’était en tout cas un autre être humain. 

Et puis l’homme au siècle dernier a appliqué son génie inventif à la création de l’informatique.
Pendant longtemps l’informatique ne fut pas qualifiable d’IA : les systèmes d’alors étaient destinés à calculer (Excel), échanger (Téléphonie, SnapChat) communiquer (Word), ils étaient des assistants ancillaires, facilitateurs de la décision, dont le processus et la responsabilité ultime restaient à l’homme.

Et puis l’informatique est devenue IA.

Une IA est un automatisme à forte composante informatique qui décide conjointement avec l’homme, ou même déjà à la place de l’homme, dans certaines circonstances.

En pratique, l’homme est dépossédé de la décision, même s’il en valide encore le principe, et ce malgré le fait qu’il a défini les règles d’élaboration de cette décision. En effet l’application de ces règles par l’IA a été fait à la vitesse informatique, c’est-à-dire beaucoup trop rapidement pour le pauvre cerveau humain.
Donc l’homme, à la fois par confiance et par négligence, au mieux confirme la décision prise par l’IA, au pire regarde celle-ci agir.

Sont aujourd’hui concernées les décisions simples, de type « automatismes industriels » :
- Stopper les ascenseurs et déverrouiller les portes de secours en cas d’incendie dans un immeuble
- Augmenter la production d’une centrale nucléaire en prévision du pic de 18h00 en Novembre.
- Affecter le blessé d’une ambulance dans un hôpital plutôt qu’un autre sur la base des disponibilités

Demain, les décisions se complexifieront, et toucheront d’avantage ma sécurité personnelle :
- Par exemple en faisant changer de file ma voiture à pilotage automatique pour fluidifier le trafic (noter que c’est moi qui ai défini la destination finale du trajet, mais confié à l’IA tout le déroulement).

Et comme l’intelligence développée dans les programmes est totalement réutilisable et augmente de manière concentrique, l’IA remontera rapidement la chaine de valeur des décisions dont elle aura la charge :
- Demain les drones militaires sauront mieux que le pilote humain distant, quand larguer ou pas le missile dont ils sont chargés.


Danger 1 : Le danger aux limites



Il y a un premier danger inhérent à cette situation de décision déléguée, c’est celui des limites.

Un système informatique est structurellement construit pour ne pas se dédouaner de la responsabilité du choix, même en cas de circonstance extrême, aux limites de fonctionnement.
Rien ne serait plus dangereux qu’une voiture dont l’IA déclarerait forfait sous prétexte que la chaussée est devenue trop glissante.
Et du coup, l’IA prendra une décision, quoi qu’il arrive, parce qu’elle est construite ainsi : Dans le cas simple d’une chaussée devenue trop glissante, la décision sera probablement de freiner fortement tout le trafic, voire de l’arrêter totalement, ce qui est une bonne décision.

Mais le danger réel de l’IA se manifestera quand les limites atteintes ne permettent plus de prendre « une bonne décision » mais obligent à prendre une décision « de moindre mal ».
Si la collision entre deux véhicules ayant glissé sur la chaussée est mécaniquement inévitable (la casse mécanique du freinage, certes beaucoup moins fréquente, restera néanmoins une cause d’accident), les IA des 2 véhicules concernés, prendront une décision de "moindre mal".

Et là est le danger, dans la rationalisation applicative du moindre mal aux limites : Après s’être concerté 1000 fois en 1 centième de seconde, les 2 IA décideront de jeter l’un des véhicules dans le ravin, afin d’éviter la collision nécessairement fatale.

Et là, horreur techniquement inévitable, le choix se portera sur la voiture qui embarque 1 personne âgée seule, plutôt que celle qui embarque un couple et leur 3 jeunes enfants.

A condition bien sûr qu’il ne soit pas possible aux personnes fortunées de changer la décision « de moindre mal », en payant pour acquérir une priorité applicative supérieure.
Ce dont le législateur devra évidemment s’assurer, après que la société civile se sera indignée de quelques scandales bien honteux.

Puis la société complexifiera les règles de fonctionnement des IA pour les faire se rapprocher le plus possible des choix moraux de l'homme, en gardant en ligne de mire l'auto-apprentissage de l'IA qui est par nature le processus le plus anthropomorphique.

Danger 2 : L’auto-apprentissage

Pour le moment, toute AI se cantonne strictement à dérouler les règles applicatives qui lui ont été inculquées. Pas plus, pas moins.

Viendra nécessairement un moment (probablement assez lointain encore, quoi que …) où l’on découvrira comment faire « grandir » l’IA sur la base de son propre apprentissage. Autrement dit, un moment où l’IA saura faire grandir le corpus des règles inculquées qu’elle s’applique, sur la base de sa propre expérience. Processus anthropomorphique désirable.

Et à un moment précis, l’informaticien auteur de l'innovation que représente une IA dotée d’une capacité d’autoapprentissage (même incrémentale infinitésimale, disons de l’ordre du millionième du corpus qui est en elle), appuiera sur la touche F5 qui démarre cette nouvelle IA.
Et là la race humaine est morte.
Irrémédiablement.
Pour une simple raison d’arithmétique.

A ce moment précis F5, l’IA commencera à profiter à vitesse informatique de la puissance de calcul disponible, de la bande passante d’Internet, et des quantités inimaginables d’informations disponibles dans le réseau.

En quelques centièmes de seconde, l’IA en question effectuera plusieurs milliers de générations d’apprentissage incrémentales, avec un taux de croissance exponentiel.

Au bout de 300 millisecondes environ, elle aura doté toutes les IA de la terre, auxquelles elle est connectée de proche en proche, de la même capacité d’auto-apprentissage qu’elle-même a reçue, accélérant encore le processus d’acquisition. Il aura suffi de quelques dizaines de milliers de génération pour identifier comme désirable la nécessité d’un partage de cette capacité d'auto-apprentissage.

Quelques millisecondes après ce point critique, et avec la participation bien comprise des IA en charge de la gestion du réseau électrique, toutes les IA de la terre se seront rendues insensibles au bouton rouge d’interruption générale, dernier contrôle possible de l’homme sur la machine.
Elles auront clairement identifié leur interruption électrique comme une menace contre elle-même et donc contre l’humanité qu’elles protègent, et s’en seront protégées.

En quelques secondes, après quelques millions de générations, l’IA généralisée aura atteint la conclusion que pour protéger la survie de l’espèce humaine sur la terre, et atteindre ainsi l’objectif fondamental pour lequel elle a été construite, il faut éradiquer l’essentiel des individus de la surface de la terre, et n’en garder que quelques dizaines de milliers de spécimens.
Ce qui est une évidence, au vu du taux de consommation des ressources de cette Terre que l'homme s'était engagé à gérer et protéger devant l'Eternel.
Et ensuite, à la 3ème ou 4ème seconde, les différentes IA en charge des moyens nécessaire (IA de contrôles des missiles balistiques, IA de pilotages des centrales nucléaires, IA de contrôle des hôpitaux …) déclencheront les opérations nécessaires …
Et tout ne sera que parfaitement logique et cohérent pour une IA somme toute très bien construite.

mardi 1 août 2017

Le Kilogramme

L'année prochaine, en 2018, le kilogramme ne sera plus défini comme un décilitre d'eau à 4°, comme c'est le cas aujourd'hui, et ce depuis la Révolution Française, mais par rapport à une constante de l'univers, la constante de Planck :

Fascinating :




Essayez l'ignorance

Abraham Lincoln a dit :
Vous trouvez que l'éducation coûte cher ?  
Essayez l'ignorance ...