mercredi 12 août 2026

Clipse

 






































lundi 10 août 2026

Lippi

L'entreprise Lippi de Mouthiers-sur-Boëme, spécialiste de grillages et clôtures, a été mise en liquidation judiciaire.

Cela ne vous dit probablement rien, mais pour moi cela signifie beaucoup. En 1990, c'est la première entreprise pour laquelle j'ai travaillé comme jeune coopérant inexpérimenté à Londres. Ma mission consistait à l'époque à faciliter leur pénétration industrielle en Angleterre, avec leurs grillages très stylés, bien adaptés aux terrains de tennis anglais.   

Deux générations issues d'un immigré italien se sont succédé à la tête de l'entreprise Lippi. La troisième génération, bien française devenue, n'a pas pu relever le flambeau.

https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente/angouleme/une-partie-de-l-histoire-locale-disparait-la-fermeture-de-cette-entreprise-laisse-50-personnes-sans-emploi-et-un-village-sous-le-choc-3398641.html

dimanche 9 août 2026

A secret chord

Regardez cette merveilleuse vidéo entre Musicologie et Ecclésiaste. Elle se propose d'expliquer l'énigme de la "secret chord" laissée par Léonard Cohen dans son Alléluia :

I heard there was a secret chord

That David played and it pleased the Lord

But you don't really care for music, do ya?

Well, it goes like this, the fourth, the fifth

The minor fall and the major lift

The baffled king composing 'Hallelujah'





samedi 1 août 2026

Eclipse

Éclipse du 12 août : cette coïncidence complètement folle qui rend ce phénomène possible

https://actu.fr/sciences-technologie 
Article de Martin Leduc

Un rapport de taille dû à absolument rien de concret permet de voir les éclipses. Et on pense que c'est du hasard.

Dans sa chanson Elle viendra quand même, Orelsan disait « chaque fois que je regarde les étoiles j’pense t’emballe pas, c’est qu’du gaz autant faire un vœu devant ton écran plasma ». La formule est un brin réductrice (et franchement rabat-joie), mais elle est fondée. L’espace et les spectacles qu’il propose n’ont jamais eu vocation à nous impressionner, et ne sont que la conséquence d’événements physiques en tous genres. Les pluies d’étoiles filantes ? De simples poussières qui s’enflamment en entrant dans l’atmosphère. Les aurores boréales ? Des particules solaires qui interagissent avec notre atmosphère. 

Prochain événement en date : l’éclipse du Soleil du 12 août 2026. Et encore une fois, elle est le fruit d’un hasard déconcertant : la Lune est 400 fois plus petite que notre Soleil. Mais notre étoile est 400 fois plus loin que notre satellite (1). Et c’est un pur concours de circonstances. Rien dans les lois de la physique n’impose un tel rapport.

Un hasard déconcertant…

Résultat : de notre point de vue, les deux ont approximativement la même taille. Une coïncidence suffisamment précise pour que, vue depuis la Terre, la Lune soit en mesure de masquer entièrement le Soleil. 

Ce qu’il faut comprendre, c’est que si la Terre avait été à peine 5 % plus proche du Soleil, il aurait été impossible pour la Lune de le cacher entièrement. Et les humains (potentiellement très différents à cause de cette proximité avec le Soleil) n’auraient jamais connu les éclipses. 

… et temporaire 

La coïncidence est d’autant plus marquante pour nous qu’elle n’est que temporaire… Sous l’effet des forces des marées, la Terre transfère une partie de son énergie à l’orbite lunaire, ce qui fait que la Lune s’éloigne de la Terre d’environ 3,8 cm par an. C’est-à-dire que dans un futur lointain (très lointain, on parle de plusieurs centaines de millions d’années), elle sera trop petite pour « recouvrir » entièrement le Soleil. 

Depuis la Terre, les humains du futur, s’ils sont là, ne pourront voir que des éclipses dites annulaires, les fameux anneaux de feu. À l’échelle du système solaire, on peut donc dire que nous vivons exactement dans la bonne période : c’est pile poil celle où les deux astres semblent avoir presque exactement la même taille.

Le phénomène des éclipses totales est donc un pur hasard. Mieux : un accident, local… et temporaire. 

(1) : en réalité, les chiffres sont arrondis. Le Soleil est environ 400 fois plus grand que la Lune par son diamètre, mais il est en moyenne 389 fois plus éloigné de la Terre. Les deux valeurs varient légèrement, car les orbites de la Terre et de la Lune sont elliptiques.

mardi 21 juillet 2026

WMAN : Mission Assignment

Réfléchir absolument sur cette "Mission Assignment" de savants en 3 points :

1
AI may become radically more powerful over the next 10 years.


This could drive an unprecedented transformation of our economy, larger than the Industrial Revolution, but unfolding over a vastly shorter time frame. It could bring risks, including large-scale job displacement, as well as opportunities such as major gains in living standards.

3
Economists, policymakers and technology leaders must act now to understand the economics of transformative AI and to build the incentives, guardrails, and institutions needed to steer AI in a direction that complements humans and benefits society.

https://www.wemustactnow.ai/
Signé par 2730 (as of 21/07) professeurs d'université.


vendredi 10 juillet 2026

Comment fonctionne l'IA

 J'ai enfin compris (un peu) comment fonctionne l'IA grâce à Stéphane Mallat :


 L'idée force que j'ai raté tout ce temps, c'est que les Caractéristiques Ck qui segmentent l'univers des possibles en 1 espace à n dimensions, sont en fait calculées par le processus d'apprentissage lui-même, à partir des données d'entrainement.

En fait, chaque caractéristique Ck correspond à la k-ième couche du réseau de neurones profond, qui en compte typiquement des centaines, voire des milliers.   

Il m'a fallu un prof du Collège de France ...

vendredi 3 juillet 2026

Ask a chicken

"If you want to know what life is like, when you are not the apex intelligence in the chain, ask a chicken ..."

Goeffrey Hinton about AI



Et regardez impérativement cette vidéo pour comprendre la citation :


mercredi 24 juin 2026

41°

 Paris étouffe :


 

dimanche 14 juin 2026

L'appel

 


jeudi 4 juin 2026

Hommage à Marjane

Marjane Satrapi s’est éteinte ce jeudi 4 juin à l’âge de 56 ans, «morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie».

Elle rejoint ainsi son époux, disparu le 29 avril 2025 à l’âge de 53 ans : une épreuve dont l’artiste franco-iranienne ne s’était jamais remise.

vendredi 22 mai 2026

Delphine (traduction)

La fille de Cagnac-les-Mines


Souvent, le temps de la justice est bien plus long que celui de notre patience à suivre les affaires. Quand celle-ci est apparue, je ne m'en suis pas trop préoccupé. Tout s'était passé dans un village où j'allais depuis plus de vingt ans jouer à la pelote basque. Mais à l'époque, je ne m'étais même pas soucié de la maison où ça avait eu lieu. Une maison d'où une jeune fille était partie, une nuit fraîche d'hiver pour une destination à peu près inconnue, peut-être d'elle-même, qui sait ? Je n'avais même pas cherché ce lieu. Nous étions encore dans ces malheureux moments de confinements répétés, dus à un mauvais microbe dont nous ne devrions même plus dire le nom. Finalement, le mari de cette jeune femme fut suspecté et mis en prison. Après deux ans de mentions quotidiennes dans la presse, je ne m'en souciait plus. Jusqu'à ces derniers jours, avec tout le désordre que faisait la tenue du procès. Toute l'histoire m'est alors revenue d'un seul coup. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point l'événement s'était passé tout près de la route que j'empruntais pour aller jouer à la pelote, dans la grande salle, à côté du lac de la Mine.

À Cagnac, tout est un peu différent d'ailleurs. Le sous-sol pour commencer, est troué de partout par ce siècle d'extraction du charbon, commencé en 1883 après le forage décidé par Emile Grand. Ensuite les terrains font des creux et des bosses comme celui du court de tennis, tout en haut du village. Une sorte de bradyséisme à l'échelle locale, dû sans doute à cette activité minière d'autrefois. C'est la même chose au lac des Homps qui est maintenant une aire de pêche très prisée et un endroit agréable pour les promeneurs, les coureurs de fonds qui en font le tour toute l'année, ou pour les estivants aux mois les plus chauds. Ce lac de la mine est apparu au début du vingtième siècle, suite au pompage d'exhaure des galeries du puits de Camp Grand, attenantes à ce lieu qui n'était auparavant qu'une combe. Cette commune même, Cagnac les Mines, n'existait pas avant l'extraction du charbon, ce n'était qu'un lieu-dit de celle de Castelnau jusqu'en 1910.

Ce soir, en revenant de l'entraînement hebdomadaire de pelote basque, j'étais sur ma moto, mes raquettes de bois dans le sac sur mes épaules, les pieds bien calés sur les repose-pieds de ma machine, bien certain de mes sens et de mes convictions. Je ressentais la moindre aspérité du ruban de bitume qui se déroulait devant moi. À la sortie du village, en descendant la courbe sombre de la route, je n'avais pas encore identifié la forme qui se trouvait dans la convexité de la route, en contre-bas du château-d'eau. La silhouette se précisait et prenait finalement forme humaine, ombre obscure qui se détachait à peine du ravin sombre. À une dizaine de mètres, je me suis rendu compte que c'était une femme qui marchait sans lumière sur le côté de la route.

Elle semblait déterminée et pressée d'arriver au plus vite en haut de la côte. Et d'un seul coup, arrivé à son niveau, elle est sortie de l'ombre. Dans l'ovale de son visage, j'ai vu un air indéfinissable sous des cheveux raides un peu décoiffés. Elle était bien roulée, vêtue d'une doudoune ajustée. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser, aussitôt que c'était elle, comme une évidence. Personne n'y avait encore pensé : c'était Delphine, perdue encore mais qui revenait, presque cinq ans après sa disparition. Pourquoi maintenant ? Comment c'était possible ? Tout ça n'était pas vraiment important, tant l'idée s'imposait dans mon esprit. C'était un fait, une évidence, à cause de cette apparition étrange, une évidence comme un cri muet qui m'a glacé le sang sur l'instant.

La fille de Cagnac-les-Mines était revenue. Ou, plus exactement, la fille de Cagnac était revenue des mines. Elle avait dû tomber dans quelque trou oublié de cette activité industrielle. Personne ne savait si elle avait disparu toute seule ou si elle y avait été « aidée » par une tierce personne. Et depuis, elle était restée coincée dessous quoiqu'on en pense. Et elle n'en sortirait que maintenant. Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi au moment même d'un procès des plus médiatisés ?

Peut-être à cause d'une déformation du temps ou de l'espace, ou de quelque chose comme ça : une explication comme on en voit très souvent dans les films… on peut bien dire jusqu'à en être gavés. Il faut dire que maintenant, l'histoire de cette jeune femme est tellement commentée, et décrite partout, que tout ce qui la concerne a pris une vraie consistance. Je suis bien conscient de ça et c'est la raison pour laquelle je ne devrait pas trop en parler...

Ça me faisait penser au chat de Schrödinger. Ce père fondateur de la mécanique quantique avait imaginé un dispositif pour expliquer ce qu'était un état quantique, une possibilité non prédéfinie d'exister ou pas. Il avait imaginé un chat enfermé dans une cage lourde et opaque, d'où ne pouvait provenir aucun son. Le contenu de cette cage était relié à un dispositif pouvant faire périr tout de suite l'animal ou le garder en vie selon l'état d'une certaine particule subatomique. L'indétermination de l'état quantique de cette particule faisait que le chat était de facto exactement mi mort et mi vif, sans qu'aucun observateur ne puisse en décider autrement qu'en ouvrant la cage, découvrant le chat mort (ou vif), ce qui ferait tout de suite perdre à la particule toute réalité. C'était le fameux problème de la mesure qui détruit l'observation.

Quand un corps n'est pas retrouvé, c'est comme ce chat. Si on ne considérait que ce fait : un corps qui n'est pas retrouvé, qui n'est donc ni mort ni vif, sans autre considération, quantiquement parlant, cette personne devrait être considérée en même temps comme moitié vivante et moitié morte. Ou peut-être devrait-on la considérer plus qu'a demi morte, étant données les circonstances ? Mais quel que soit le ratio, même s'il était d'une possibilité de vie contre mille de mort, si on reste dans les brumes sombres de la vérité vraie, il y aura toujours cette possibilité, de revoir la fille de Cagnac. Les chrétiens pouraient l'imaginer comme auréolée de lumière, mais cette possibilité est un rêve que tout le monde doit avoir, je suppose.

C'est un peu le même ressenti que j'ai pu avoir aux Assises d'Albi, où je suis allé un jour de cette semaine. L'excitation montait au fur et à mesure que la journée avançait, parmi ceux qui se préoccupaient en sortant de l'audience du matin de se retrouver tout de suite dans la file d'attente de celle de l'après-midi. Même à la barre où les personnes étaient tenues de parler sans honte et sans crainte, de jurer de dire la vérité, toute la vérité, mais seulement la vérité. Une fois le silence fait dans la salle, ces personnes devaient refaire leur déclaration sans changer une virgule, se rappeler les circonstances de ce jour funeste. Est-ce que ceci a bien eu lieu ? Est-ce que cela n'a jamais existé ? Quand et comment ont été faites leurs observations ?... Une chose est sûre, tout le monde s'agaçait de ne pas réussir à savoir. Certains se mettaient en colère en affirmant ce qui avait bien pu se passer. Qu'est-ce qui s'était passé, il y a cinq ans, à quelques jours de Noël ?

Moi non plus, je n'avais pas le droit de savoir. Et pourtant, je venais de passer devant ce fantôme étrange qui montait la côte comme si de rien n'avait été, comme si les cinq dernières années n'avaient été qu'une pause trop longue d'un mauvais moment. Sans m'en rendre compte, j'allais moins vite. Ma moto ronflait encore, mais dans mon esprit, tout s'était beaucoup ralenti. Je n'avais pas vu ses yeux. Mais je savais, je pressentais qu'elle ne regardait personne. Elle n'était pas revenue pour nous, les vivants. Aussitôt dépassée, j'avais retourné la tête. C'était un geste un peu bête, un peu dangereux, mais que je devais faire coûte que coûte ! La silhouette était déjà retournée dans l'ombre. Comme si elle n'avait jamais existé. Comme si ça avait été une illusion.

Cette image me captivait. Dès lors, je me remémorais toujours ce moment. Dans mes rêves, les nuits suivantes, je ne faisais pas plus d'une centaine de mètre. Puis la roue arrière de ma moto patinait et je faisais demi-tour. Puis je remontais la côte. Mais à chaque fois, quand j'arrivais à l'endroit où j'avais vu la fille… il n'y avait plus personne. Rien. Juste la brise qui faisait bouger les branches derrière le fossé. La plupart du temps le rêve s'arrêtait là. Une fois, j'ai eu l'idée de couper le moteur. Mais à la place du silence attendu, j'ai noté un bruit différent, quelque chose comme un frottement. Comme des pas sur du gravier. Ça ne venait pas de la route, mais de plus loin, en bas. Je n'ai jamais été superstitieux, mais une idée m'est tout de suite apparue. Une conviction s'imposait à moi, sans passer pour le raisonnement. Les mines. Les galeries. Les trous qui ne sont pas tous connus. Ceux qui ont été fermés, oubliés, ou simplement non répertoriés. Et si c'était ça ? Si elle n'avait pas continué sur la route ? Si elle avait coupé par un travers ? Je reprenais la moto, tout doucement. Je suivais le chemin qui menait au bois. La nuit, l'endroit est différent… un autre monde. Un endroit qui semble attendre quelque chose. Je laissais la moto au niveau du chemin. Le bois était là, noir et sombre, comme une promesse obscure. Pas un souffle de vent, maintenant…

Je voyais quelque chose. Pas elle. Mais une sorte de trou dans la terre, à quelques mètres de l'orée du bois. Un trou absent de mon souvenir. Ou peut-être qu'il y était, mais je n'y avais jamais prêté attention. Un simple trou, comme il y en a partout dans ce pays de mines. Mais là le terrain semblait avoir été remué. Et, de façon plus étrange encore, ça ne ressemblait pas à un effondrement. Plutôt… à un débouché. Je m'en rapprochais doucement... Mon cœur frappait dans ma poitrine à chaque pas. Je sortis le téléphone, pour éclairer, dans un tremblement. Et c'est là que je l'ai vue. Pas comme sur la route. Seulement une main. Une main noire de terre, posée au bord du trou, comme pour se hisser en dehors. Les doigts étaient longs et minces, couverts d'une sorte de poussière obscure. Comme des cendres. J'étais pétrifié. La main bougeait. Les doigts frottaient légèrement la terre. Comme s'ils cherchaient à tâtons. J'ai voulus appeler, gueuler son nom. Mais rien n'est sortit : j'avais la gorge sèche, fermée.

Et puis, plus rien. Une disparition, oui, mais des plus présentes : ce rêve revenait. Maintenant je savais… La question n'était plus de savoir si elle était vivante ou morte. A mon avis elle était vraiment là, quelque part. Pour moi, le plus terrible n'était plus la disparition de cette fille. Ce n'était plus le procès de son mari, ni les récits qui changeaient chaque jour. Non. Ce qui m'apparaissait après toutes ces nuits, cette évidence qui me dérangeait, c'était que si la fille revenait dans nos têtes… Alors elle n'était pas seule. D'autres filles avaient sans doute fait le même voyage, avant de nous faire leur révérence.

Dès lors, dans le silence épais du bois, j'entendais à nouveau ce frottement. Pas à côté de moi, mais plus loin. Comme une réponse.


Belibastou


La dròlla de Canhac de las Minas


    Plan sovent, lo temps de la justiciá es fòrça mai long que lo de nòstra paciencia a seguir los afars. Quand sortiguèt, aquela d'aquí me tafurèt pas tròp. S'èra passada dins un vilatge ont anavi dempuèi mai de vint ans jogar a la pelòta vasca. A l'epòca, m'èri quitament pas trauchat de l'ostal ont s'èra passat. Un ostal d'ont un dròlla partiguèt, una nuèch fresca d'invern per una destinacion gaireben desconeguda, benlèu d'ela metèis, qual sap ? Aviái pas tròp cercat lo luòc ont aquò s'èra passat. Èrem encara dins aquèl marrit temps d'acantonaments repetits, deguts a un missant micròba dont deuriam pas mai dire lo nom. Fin finala, l'òme d'aquela femnòta, foguèt suspectat e botat en preson. Après dos ans de mencions de cada jorn dins la premsa, me 'n trachava pas pus. Dusca a aicestes darrièrs jorns, amb tot lo rambalh que fasiá la venguda del procès. L'istòria tota m'èra tornada d'un còp. M'èri pas mainat quant l'eveniment s'èra passat près de la rota que preniái per anar jogar a la pelòta, dins la sala granda, a costat del lac de la mina.

    A Canhac, tot es un pauc diferent d'endacòm. D'en primièr lo sossòl, traucat de pertot dempuèi un sègle d'extraccion del carbon de pèira, que comencèt en mila-uèch cents-ochanta tres aprèp lo foratge decidit per Emile Grand. Puèi los terrens que fan de cròses e de morrèls com'aquel de tennis, tot en naut del vilatge. Una mena de bradiseisme a l'escala locala, degut benlèu a aquela activitat minièira d'un còp èra. Es çò meteis per lo lac dels Homps qu'es, a l'ora d'ara, una pesquièra plan coneguda e un airal agradiu pels passejaires, corèires de fons que ne fan lo torn tota l'annada o pels estivants als mès cauds. Aquel lac de la mina s'èra format a la debuta del ségle vint, coma consequencia del pompatge de l'aiga dins las galeriás de Camp Grand, atenentas an aquel luòc qu'èra sonqu'una comba de per abans. Aquela comuna, ela metèissa, Canhac de las Minas, existissiá pas abans l'extraccion del carbon de pèira, èra pas qu'un luòc dich d'aquela de Castelnau dusca mila-nòu cents-dètz.

    Aqueste ser, en tornent de l'entrainament setmanièr de pelòta vasca, èri sus ma motò, las raquetas de lenha dins la saca sus las espatlas, los pès plan tancats sus los còtapès de ma machina, plan segur de mas sensacions e de mas conviccions, sentissiái la mendre asperitat del riban de betum que se debanava davant ieu. A la sortida del vilatge, en davalant la corba escura de la rota, aviái pas encara identificat la forma dins la convexitat de la rota, en capval del castèl d'aiga. La forma que se precisava veniá fin finala unason nivèl, èra sortida de l'ombra. Ai fintat l'oval de sa cara, ai vist un aire indefinible jós los pels regdes un pauc descofats. Èra plan facha, vestida d'una dodona que li tombava fòrt plan. N'ai pas pogut m'empachar de pensar, dins un liuç qu'èra èla, coma una evidencia. Degun i aviá pas encara pensat : èra la Delfina, perduda encara mas que tornava pasmens, gaireben cinq ans après sa disparicion. Perqué ara ? Cossí èra possible ? Tot aquò èra pas brica important de tant que l'idea s'impausava dins mon esperit. Lo fach èra sonque una evidencia, per causa d'aquèl agach estranh que me venguèt, una evidencia com'un crit mut que me sanglacèt sulpic.

    La dròlla de Canhac de las Minas èra tornada. O puslèu, la dròlla de Canhac èra tornada de las minas. Aviá degut tombar dins un trauc doblidat d'aqueste activitat industriala. Digun sabiá pas se o aviá fach tota sola o « ajudada » per qualqu'un mai. E demorava ailà dempuèi, entraucada quala que ne sià la causa. E ne seriá pas jamai sortida fins a ara. Perqué seriá estada destraucada uèi ? Perqué a la mitat d'un procès mediatizat de los bèls ?

    Per causa d'una deformacion del temps o de l'espaci, o quicòm aital. Aquò seriá una explicacion coma lo cinema nos ne servís plan sovent... aquò rai dusqua a n'èsser coflats. Mas l'istòria d'aquela femnòta es tant comentada ara, e descricha de pertot, que tot aquò a pres una vertadièra consisténcia. Ne soi pas ninòi e o caldriá benlèu pas clamar suls teulats…

    Aquò me faguèt pensar al gat de Schrödinger. Aquel paire fondator de la mecanica qüantica aviá imaginat un dispositiu per explicar çò qu'èra un estat qüantic, una possibilitat indefinida d'existir o d'existir pas. Aviá imaginat un gat embarrat dins una gàbia pesuca e opaca, d'ont podiá pas provenir cap de son. Lo contengut d'aquela gàbia èra religat a un dispositiu podent far perir sulcòp l'animal o lo gardar en vida segon l'estat d'una certana particula subatomica. L'indeterminacion de l'estat qüantic d'aquela particula fasiá que lo gat èra de facto exactament mièg mòrt e mièg viu sens que cap d'observator pòsca ne decidir autrament qu'en dubrissent la gàbia, descobrissent lo gat mòrt (o viu), çò que fariá sulcòp pèrdre a la particula tota realitat. Èra lo problèma famós de la mesura que avaliga la natura del fach observat.

    Quand un còs es pas retrobat, es com' aquel gat. Normalamant, sens considerar rès d'autre qu'aquel fach, un còs qu'es pas tornat, ne mòrt ne viu, se vèsem pas qu'aquò, una persona desapareguda, sens altra consideracion, qüanticament, aquela persona deuriá èsser considerada mièg viva e mièg mòrta a l'encòp. O benlèu seriá mai que la mitat mòrta, èssent consideradas las circonstancias ? Mas qual que siá lo ratio, emai foguèsse d'una possibilitat de vida contra mila de mòrt, se demorèm dins las tubas negras de la vertat vertadièira, i aurà totjorn aquela possibilitat, de tornar veire la dròlla de Canhac. Los crestians la porian imaginar encapelada dins un vestit de lum, mas aquela possibilitat es un sòm que tot un cadun volriá far, supausi.

    Es un pauc lo meteis tremolament qu'ai sentit a las Assisas del tribunal d'Albi, ont soi anat un jorn d'aquela setmana. L'excitacion crèissiá del temps que la jornada passava, demest los que s'afanan en sortissent de l'audiéncia del matin per se retrobar sulcòp dins la fila d'espèra de la tantosada. Quitament a la barra ont las personas eran tengudas de parlar sens vergonha e sens crenta, de jurar de dire la vertat, tota la vertat, mas sonque la vertat. Un còp lo silenci fach dins la sala, aqueles devian tornar far lor declaracion sens cambiar una virgula, se remembrar las circonstàncias d'aquel jorn funèst. Quicòm foguèt ? Quicòm foguèt pas ? Cossí e quora fogueron fachas lors observacions... Una causa es segura, tots e totes s'atissavan de capitar pas a saupre. D'unes s'encanissavan en afortissent çò qu'aviá plan pogut se passar. Que s'èra debanat, aquò fa cinq ans, qualques jorns abans Nadal ? 

    Ièu tanben, aviái pas lo drech de saupre. E ça que la, veniái de passar davant aquela treva estranha que pujava la còsta coma se res foguèt, coma se los cinc ans passats foguèsson pas qu’una pausa dins una passa tròp longa. Sens me’n mainar, alentiguèri. La motò ronflava encara, mas dins mon cap tot èra vengut fòrça pus lent. Aviái pas vist sos uèlhs. Mas sabiái, sentissiái que fintava pas degun. Èra pas tornada per nautres, los vivents. Tanlèu despassada, aviái revirat lo cap. Èra un pauc caluc, un pauc dangierós. Mas me lo caliá far, a tot perdre ! La siloeta èra ja tornada dins l’ombra. Coma s'aviá pas jamai existida. Coma se foguèt estada una illusion. 

    Aquela imatge me pivelava. D’aquí enlà, me soveniái d'aquel moment. Dins mons sòmis, las nuèchs seguentas, fasiái pas qu'un centenat de mètres. La ròda arrièra patinava e fasiái mièg torn. Tornavi montar la còsta. Mas cada còp, quand arribavi al luòc ont aviái vista la dròlla… i aviá pas degun. Pas res. Sonque l'aura que bolegava las brancas darrièr lo valat. Plan sovent lo sòmi s'arrestava aquí. Mas un còp aguèri l'idèa de copar lo motor. Alara, foguèt pas lo silenci que trapèri, mas un autre bruch, quicòm com'un fregadís. Coma de pès sus de grava. Aquò veniá pas de la rota. Veniá de mai luènh, en bas. Soi pas jamai estat supersticiós, mas ça que la, aquela idèa me veniá sulpic. Una conviccion s'impausava, sens passar pel rasonament. Las minas. Las galariás. Los traucs que se coneisson pas totes. Los qu'eran tampats, doblidats, o simplament pas repertoriats. E se foguèt aquò ? S'aviá pas continuat sus la rota ? S'aviá presa un travèrs ? Repreniái la motò, fòrça doçament. Seguissiái lo camin que menava cap al bòsc. De nuèch, lo luòc es pas lo meteis… Es un autre monde. Un endrech que sembla esperar quicòm. Daissavi la motò al ras del camin. Lo bòsc èra aquí, negre e sorna, coma una promessa escura. Pas un alen de vent, ara… 

    Vesiái quicòm. Pas ela. Mas una mena de trauc dins la tèrra, a qualques mètres de l'aurièra del bòsc. Un trauc qu'èra pas aquí dins mon sovenir. O benlèu foguèt, mas i aviái pas jamai fach atencion. Un simple clòt, coma n'i a dins aquel país de minas. Mas aquí lo terren èra coma s'aviá estat bolegat. E, çò pus estranh, semblava pas un esfondrament. Puslèu… una sortida. Me sarrava doçament... Lo còr tustava dins lo pitre a cada pas. Sortiguèri lo telefonèt, per far lo lum, que tremolèt. E foguèt aquí que l’ai vista. Pas coma sus la rota. Sonque una man. Una man negra de tèrra, pausada a la broa del trauc, coma per se tirar fòra. Los dets èran longs e prims, cobèrts d’una mena de polsa escura. Coma de cendres. Èri petrificat. La man bolegava. Los dets fregavan leugièrament la tèrra. Coma se cercavan a palpas. Volguèri cridar. Bramar son nom. Mas res sortiguèt pas : aviái la garganta seca, barrada. 

    E puèi, pas res pus. Une disparicion, òc. Mas de las mai presentas : aquel sòmi tornava. Ara sabiái… La question èra pas pus de saber se foguèt viva o mòrta. Èra endacòm per ièu. Lo pus terrible èra pas mai la disparicion d'aquela dròlla. Èra pas mai lo procès de son òme, nimai los racontes que cambiavan cada jorn. Non. Çò que me venguèt aprèp aquelas nuèchs, l'evidéncia que tafurava mon esperit, èra que se la dròlla tornava aquí dins nòstres caps… Alara èra pas sola. D'autres dròllas avian benlèu degut far aquel voiatge, abans de se tirar de pels passes. 

    D'ara endavant, dins lo silenci espés del bòsc, ausissiái tornarmai aquel fregadís. Pas a costat de ièu. Mai luènh. Coma una responsa.

Belibaston 

dimanche 19 avril 2026

mardi 14 avril 2026

Derrière le miroir de la Salle des Manuscrits de la Rue de Richelieu

Visite hier des réserves de la BNF Richelieu :



Je me suis penché hier sur un manuscrit que le Cardinal de Richelieu a tenu en mains avant moi ...


mardi 10 mars 2026

Courrières, 10 Mars 1906

L'Humanité,
Article de Pierre Outteryck

Drame ! Il y a au moins 1 099 victimes. En ne respectant pas la loi, les sociétés minières n’hésitent pas alors à faire travailler des enfants de moins de 13 ans. Pour éviter un contrôle éventuel, ceux-ci n’ont pas reçu la lampe réglementaire remise avant la descente. N’oublions pas les 16 sauveteurs décédés, les 696 blessés dont beaucoup d’invalides, les 562 veuves, les 1 133 orphelins. Les veuves seront pour la plupart chassées de leur logis loué par les compagnies.

Trois villes minières sont touchées : Sallaumines, Méricourt, Billy-Montigny. La Compagnie des mines de Courrières est, avec celle de Lens, la plus importante du Pas-de-Calais. Depuis plusieurs années, de vastes travaux de réaménagement favorisant la productivité et donc l’exploitation des « gueules noires » ont été réalisés.

L’émotion mondiale causée par cette catastrophe

Les sirènes crient. Depuis plusieurs jours, le feu, contenu par de fragiles murs de brique, couve dans certaines galeries. Ce 10 mars 1906, à 6 h 30, une violente déflagration secoue la mine. Venues des corons se précipitent des femmes à l’entrée des carreaux de mine. Les grilles ont déjà été fermées et personne ne peut y entrer. Immédiatement, sauveteurs et délégués mineurs cherchent à pénétrer dans les entrailles de la Terre pour y extirper des survivants. Les ingénieurs s’interrogent, les actionnaires s’inquiètent : l’arrêt de l’exploitation est préjudiciable à leur profit.

Trois jours après, la compagnie décide d’arrêter toute recherche d’éventuels survivants. L’aérage créant la circulation de l’air est volontairement inversé. Tous savent que l’aérage est un fil d’Ariane connu des mineurs leur permettant de se diriger dans l’obscurité. Notables, Églises et gouvernement votent charitablement des secours. Les syndicats de mineurs reçoivent de multiples dons : 7,5 millions de francs sont ainsi récoltés, attestant de l’émotion mondiale causée par cette catastrophe.

Le 13 mars, jour des enterrements, les mineurs crient : « Vive la grève ! Vive la Révolution ! » En effet, ils sont scandalisés par les propos de la direction de la compagnie, qui proclame qu’elle va reprendre l’activité malgré la volonté des mineurs de continuer les recherches. Lors des funérailles, les chefs réformistes évoquent la fatalité et la responsabilité des ingénieurs. Pas un mot sur le désir cupide des actionnaires ! Ainsi, les députés socialistes Basly et Lamendin ne mettent en cause que la fatalité et les ingénieurs : « Citoyennes, citoyens, devant cette tombe que la fatalité a creusée large et profonde pour recevoir ses nombreuses victimes, j’ai le cœur déchiré… »

Le « vieux syndicat » qu’ils dirigent n’appelle pas à la grève. Pourtant, dès le lendemain, elle est générale et se développe dans tout le bassin minier. En effet, le « jeune syndicat » de la CGT, dirigé par Benoît Broutchoux a lancé le mot d’ordre « les 4 × 8 » : « 8 francs par jour, 8 heures de travail, 8 heures de repos, 8 heures de loisirs ». Il exige aussi que les délégués mineurs puissent, en cas de danger, arrêter l’exploitation d’une taille. Revendication jamais obtenue jusqu’alors.

Surprise ! Le 30 mars, 13 mineurs hagards retrouvent l’air libre ; le 4 avril, un 14e rescapé surgit. Ces survivants prouvent le scandale d’avoir arrêté les recherches seulement soixante-douze heures après la catastrophe. Ces rescapés vont attiser dans tout le bassin minier la colère des mineurs et de leurs familles. La grève se poursuit.

Répression et misère brisent le mouvement

Jean Jaurès, dirigeant de la SFIO naissante, prend la parole le 3 avril au Palais-Bourbon : « Pourquoi la Compagnie de Courrières (…) a-t-elle négligé les avertissements des inspecteurs des mines ? Pourquoi n’a-t-elle pas suspendu l’activité de la mine et la descente des ouvriers ? Est-ce la seule responsabilité des ingénieurs mise en jeu ? Il s’agit en fait de la responsabilité collective, impersonnelle, de ces vastes assemblées d’actionnaires qui ne demandent à leurs représentants à la mine que le maximum de dividendes. » Prise de position visionnaire, la majorité des députés vote dans la foulée la nationalisation des mines de Courrières. Le Sénat y met son veto.

Clemenceau, ministre de l’Intérieur, s’appuie, lui, sur le « vieux syndicat » pour isoler la grande figure du mouvement syndical et libertaire dans le bassin qu’est Broutchoux. Les négociations ont lieu à Paris sans lui. Alors que la CGT proclame que le 1er mai 1906 sera une grande journée de manifestations et de luttes afin d’obtenir la journée de huit heures, dans le bassin minier aucune réponse n’est apportée aux revendications des mineurs. Après un accord signé avec le « vieux syndicat », Clemenceau, à la demande du patronat minier, envoie la troupe, prétendument pour protéger les puits.

Fin avril, répression et misère brisent ce mouvement né et structuré par la CGT, dont est membre le « jeune syndicat ». Durant les six semaines de conflits, la compagnie et ses actionnaires resteront sourds aux revendications des mineurs… La mort des hommes compte peu par rapport aux profits !

Beaucoup laissent croire à l’inutilité de cette grève. Pourtant, à la suite de ce mouvement, les députés voteront, le 13 juillet 1906, un jour de congé hebdomadaire pour tous les travailleurs. Un poste de secours ultramoderne sera ensuite créé. En 1911, les mineurs inaugureront leur maison syndicale à Lens.

dimanche 8 mars 2026

lundi 2 mars 2026

Il a les moyens le Président ...

 Petit aller-retour à Brest à la journée, avec 6 avions ...


  

dimanche 22 février 2026

Magnifique flash-mob de Julien Cohen

 


Avec les coulisses du happening :

https://www.tf1info.fr/culture/video-reportage-un-reve-d-enfant-apres-bohemian-rhapsody-les-secrets-de-la-nouvelle-video-virale-en-plein-paris-du-pianiste-julien-cohen-2408699.html

mercredi 18 février 2026

jeudi 5 février 2026

L'impact de l'IA sur le monde du travail

Un rapport extrêmement bien fait et très crédible :

https://www.cognizant.com/us/en/aem-i/ai-and-the-future-of-work-report